Vidéos Festiparoles 2011

Vidéos Festiparoles 2011

Parler de transmission : entretien avec Matar Fall

“Parler de transmission, c’est transmettre à l’être humain, pour ne pas se perdre dans l’oubli (…).
Dans le Puits à Paroles, on trouve ces voix… Alors plonge ton sceau dans ce puits pour t’en abreuver…” Matar Fall, Tivaouane, mars 2011.

La marche de la paix

Une grande déambulation multi-ethnique et pluriculturelle a ouvert ce quatrième festival de la Parole. Bamabaras, peuls, sérères, toucouleurs, se sont mêlés au cortège du Puits à Paroles et des habitants de Tivaouane…
Boubacar Ndiaye, directeur artistique de la manifestation, introduit l’évènement, fondé sur la rencontre et l’échange autour du récit d’hier et d’aujourd’hui : “les ancêtres disaient : celui qui sait écouter saura transmettre…”.
Gallo Mbengue, pédagogue, acteur politique et membre du Puits à Paroles, précise l’importance des spécificiés culturelles et orales du pays. “Nous avons une jeune nation, mais les groupes sociaux qui la composent sont vraiment très vieux. Chacun d’entre eux à accumulé un patrimoine insondable. Les communicateurs traditionnels (les griots) permettent de transmettre aujourd’hui auprès des jeunes générations…”.

La veillée : le théâtre du conte

Cette année, les veillées contées ont jalonné le festival. Plaisirs partagés entre participants généreux et festivaliers avides!…
Boubacar Ndiaye décrit l’ambiance qui rêgne au sein de la “communauté des veillées” : “(…) Il y a un ordonnancement du temps en Afrique bien construit, et des heures pour le conte. C’est la nuit qui, par excellence, est le moment favorable au rêve, où l’imagination transforme la dimension des choses… Le but est de créer le climat propice, de placer les êtres et choses dans le surréel, et d’invoquer le rite d’une communion artistique…”.

Keur Samba Yacine : accueil des notables

Le Festiparoles est itinérant : bien que Tivaouane en soit l’épicentre, la ville d’origine et le domicile de l’association sénégalaise, la manifestation se déplace de ville en ville en passant par Dakar, l’Ile de Gorée, Keur Samba Yacine…
C’est dans ce village que les membres du Puits à Parole rencontre les griots et les édiles locaux. Tour à tour, chacun d’eux témoigne de l’importance de la transmission pour pérenniser la culture orale du pays, et salue la visite des artistes et du public franco-sénégalais. Doudou Gueye Ndiaye – président du Puis à Paroles Sénégal – s’entretient avec les notables du village et rappelle le rôle de l’association sénégalaise : “ (…) Aller vers les sages, collecter et garder. Pour que les gens puissent en bénéficier, pour que nos origines ne soient pas oubliées…”.

Chez le chef du Village de Keur Samba Yacine

Matar Fall, Artiste-conteur originaire de Tivaouane vient saluer le chef du village. Moment privilégié de rencontre et d’échange entre les cultures et les générations. “En rencontrant celui qui a vu ce que nos parents n’ont pas vu, nous sommes alors au coeur de la transmission…”. “Continuer sur le chemin de nos ainés, en participant à l’améliorer… »
…Poursuit le chef du village qui salue l’action du Puits à Paroles et l’encourage dans cette voie : “(…) Qui revisite le passé sera éclairé et saura embrasser au futur…”.

Atelier conte : Christel Delpeyroux et Matar Fall

Cette année, deux sessions ont été proposées aux festivaliers pour échanger autour des pratiques orales en France et au Sénégal.
L’atelier de Christel Delpeyroux a traité des questions relatives au travail préalable de conte. En questionnant les spécificités culturelles du récit, elle a proposé des outils narratifs complémentaires aux conteurs, tout en soulignant l’importance du dialogue, de l’interaction avec le public.
Matar Fall a proposé, pour sa part, un atelier fondé sur le témoignage de son propre vécu. “ Notre chemin de conteur est long et difficile… Jadis au Sénégal, l’artiste était mal considéré, mais aujourd’hui, on l’écoute vraiment. En faisant part de mon expérience, j’ai voulu préparer la relève…”.

Atelier photo : Audrey Guerrini

“L’image peut être aussi une parole…”, Audrey Guerrini a orienté cet atelier photographique au service du patrimoine oral.
La photographe accompagne le festival depuis longtemps en mettant à la disposition du Puits à Paroles la photo comme moyen d’échange, pour témoigner de la démarche et du cheminement des associations.
“L’objectif de cet atelier a été de transmettre des outils techniques simples sur le cadrage, la notion de point de vue, la lumière (…), la question de la collecte de conte devient aujourd’hui prépondérente, d’où la nécessité de mettre au service de cette transmission orale, des outils tels que le son, la vidéo, et la photographie en particulier…”.

Conférence : Education et Transmission

La notion de transmission occupe dans l’éducation sénégalaise une place toute singulière…
Gallo Mbengue, Inspecteur d’académie de l’Education Nationale et membre du Puits à Paroles anime puis commente la rencontre : “ (…) Ici, il fallait trouver des mots pour être compris par les acteurs culturels, par les enseignants et par les enfants (…). On a privilégié l’échange et le partage (…), c’est ce qui a fait la saveur de cette conférence…”.

Education et Transmission : entretien avec Gallo Mbengue

Monsieur Mbengue évoque les liens étroits qui préexistent entre les notions d’Education et de Transmision dans une société ou l’oralité et la culture tradidionnelle occupent une place essentielle.
Première partie : Quelles différences entre l’éducation traditionnelle sénégalaise et occidentale ? M. Mbengue questionne l’éducation au sein du groupe familial, et redéfini la place de l’individu dans le groupe.
Seconde partie :Transmission et groupes sociaux au Sénégal. Une distinction : réussite scolaire et réussite sociale.
Gallo Mbengue propose une définition du Puits à Paroles et de ses objectifs fondateurs : “Conservation et transmission la tradition orale et le patrimoine culturel sénégalais”. “Conservation et ressourcement : deux fonctions complémentaires”.
Troisième partie : La multiplicité de la parole, de l’énonciation d’une idée. La façon de dire un conte, la recherche du verbe et du mot juste. “Ces comportements renvoient à des références de notre histoire…”. Références à Lak Dior, Serigne Touba : des rôles sociaux qui débouchent sur des modèles de comportements que les griots, les “communicateurs traditionnels” participent à transmettre…
Quatrième partie : “Endiguer l’information et la communication dans notre village planétaire”. “Préserver son identité en allant vers l’autre et ses différences ». L’importance de la notion de complémentarité, pour ne pas rater le rendez-vous du Donner et du Recevoir (LS Senghor) (…).

Réalisation : Laurent Miguel des associations Ainda et Lila

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